VOYAGE, VOYAGE 🎵 : J’AI PRIS UNE ANNÉE SABBATIQUE PENDANT MES ÉTUDES

Les partiels sont finis, tu zones sur Instagram et tu te dis que tu te verrais bien faire un tour du monde en tricycle ou sauver des bébés phoques en Antarctique ? Voyager en backpack, en dehors du cadre d'un échange universitaire ou d'un stage à l'étranger, à des milliers de kilomètres du nid familial et de son petit confort, est un projet qui se prépare. Ophélie, 24 ans, a sauté le pas pendant ses études de communication à l’ISCOM pour découvrir, d’abord avec une amie puis en solo, le Mexique pendant 1 mois et l’Asie pendant 6 mois. Elle nous raconte son périple durant cette année de césure !
Ophélie Bielawski étudiante ISCOM voyage

J’avais juste envie de voir du pays et de prendre mon temps, tout en mettant ce voyage au profit d’une réflexion sur mon propre avenir, en m’inspirant de ce qui m’entoure.

Quelles ont été les réactions autour de toi lorsque tu as annoncé ton projet ?

Quand j’ai décidé d’annoncer à mes parents que je voulais partir plusieurs mois à l’étranger, seule, sans but précis ni purement professionnel, ils m’ont regardée avec des yeux ronds comme des billes. Pourquoi ? Pour fuir ? Et le trou dans ton CV ? C’est pas dangereux pour une fille toute seule comme toi ? Mais tu vas nous manquer !

Comment t’est venue cette idĂ©e ? 

J’ai eu cette idée après avoir décroché mon Master 1, qui est diplômant dans mon école. Le Master 2 était facultatif, certains de mes amis signaient leur premier CDI pendant que je me demandais ce que je pouvais bien faire de ma vie. Une seule chose me venait en tête à ce moment : partir. Pourquoi ? Pour réfléchir, pour rencontrer du monde, me poser, profiter, et prendre le temps de voir enfin le tas de monuments et d’endroits que j’avais accumulés sur une liste brouillon dans mes notes d’iPhone et sur mes tableaux Pinterest. J’avais juste envie de voir du pays et de prendre mon temps, tout en mettant ce voyage au profit d’une réflexion sur mon propre avenir, en m’inspirant de ce qui m’entoure.

Raconte-nous ton itinéraire !

J’ai fait le Mexique pendant 1 mois, puis un tour d’Asie pendant 6 mois. Je pense que ça reste des destinations classiques pour ce genre de circonstances, en backpack avec petit budget, envie de dépaysement et de découvrir plein de choses. Classiques mais efficaces, je n’ai pas été déçue concernant tous ces aspects : c’est vraiment le compromis idéal, autant pour le Mexique (et bien d’autres pays d’Amérique Centrale et du Sud !) que pour l’Asie. J’ai trouvé ces deux destinations hyper safe, bien qu’il me soit arrivé des misères mais bizarrement, pas dans les endroits auxquels on aurait pu s’attendre ! Bref, pour un voyage mêlant culture, découverte, niveau de vie, repos, rencontres, GO en Asie et en Amérique Centrale/Sud.

Partir seul ou accompagné ?

Quand on projette de partir pour plusieurs mois mais qu’on est un peu rĂ©ticent (manque d’habitude, peur, perte de repères…), il me paraĂ®t Ă©vident de partir accompagnĂ©. Avec son/sa meilleur(e) ami(e) d’enfance, avec un(e) inconnu(e), avec son mec ou son chien, les possibilitĂ©s sont infinies et ça permet toujours de rassurer. De mon cĂ´tĂ©, je suis partie avec une copine de classe qui voulait faire un break de 2 mois, j’allais donc dĂ©buter mon voyage avec elle. Je me disais que ça me plongerait dans le grand bain du voyage de manière un peu plus fluide et moins brutale que si j’avais Ă©tĂ© lancĂ©e seule d’un coup pendant 6 mois en Asie. Cela dit, j’avais bien en tĂŞte de passer une bonne partie de mon expĂ©rience Ă  l’étranger toute seule : me donner plus d’opportunitĂ©s de rencontrer du monde, apprendre et pratiquer des langues diverses, m’ouvrir au maximum tout simplement. Car oui, le piège quand on part avec quelqu’un qu’on connait et accessoirement qui parle la mĂŞme langue, c’est de rester cloisonnĂ© avec ses repères et son petit confort. 
Et je dois l’avouer, mon petit côté égoïste me poussait aussi à vouloir une partie de l’aventure en solo pour pouvoir satisfaire toutes mes petites habitudes et envies soudaines (grasses matinées, sorties, repas…) sans rendre de compte à personne :p

Comment savoir si c’est l’expérience qu’il nous faut ?

Je pense qu’à la base, pour savoir si c’est ce qu’il nous faut, il faut dĂ©jĂ  vraiment le vouloir. A partir de ce moment-lĂ , ce moment oĂą il y a de la motivation pour organiser le voyage, trouver du financement, se fixer des objectifs, alors oui je pense que c’est ce qu’il nous faut. 
La première chose à laquelle il faut penser à mon avis, c’est d’être sûr d’avoir l’esprit libre pour pouvoir partir serein. Si on est totalement angoissé par le fait de reprendre des études ou un travail ensuite, d’avoir le fameux “trou dans son CV” à justifier contre vents et marées, ou si on est tout simplement hyper flippé de partir dans l’inconnu, je pense que ça ne peut pas vraiment marcher. Pour vraiment profiter, il faut avoir “étudié” le projet avec maturité et, à mon avis, ne plus se poser aucune question avant de partir.



Je pense que j’ai beaucoup grandi, et j’ai développé tout autant de hard skills et de soft skills pendant ce voyage que si ça avait été une expérience professionnelle.

Comment l’as-tu financé ?

Personnellement, j’ai choisi l’option la plus simple, travailler en amont du départ : à la suite de mon stage de fin d’études de 4ème année en agence de pub, j’ai décroché là-bas un CDD qui m’a permis de mettre de côté au fur et à mesure pendant quelques mois avant de partir fin Novembre 2017.
Après, si j’ai bien appris une chose, c’est qu’il faut se back-up et ne jamais partir ric-rac. Les imprĂ©vus sont bien vite arrivĂ©s, j’en ai Ă©tĂ© la première victime ! Vol ou perte du passeport, de la carte bancaire, de cash… C’est compliquĂ© de faire face Ă  ce genre de problèmes, surtout seule, donc mieux vaut assurer ses arrières d’un point de vue financier. 

Pas trop dur le retour ? 

C’est sĂ»r que c’est la question que tous les adultes ont l’habitude de poser : comment s’y remettre ensuite ? Bizarrement, je ne me l’étais jamais posĂ©e avant de l’entendre pour la première fois. 
Puis à force d’y réfléchir, je me suis juste dit que je verrais, que je devais simplement profiter, et j’avais tout de même une trame à suivre puisque j’avais promis à mes parents de reprendre à l’issue de ce voyage le fameux Master 2 facultatif qui était proposé à l’ISCOM. Cela ne me faisait pas du tout peur, puisque ce Master était en alternance avec seulement un jour de cours par semaine et le reste en entreprise. Cet équilibre m’a beaucoup aidée à tenir un rythme et à m’empêcher de me lasser trop vite dans une routine si soudaine après 7 mois d’aventures hors du commun, sans oublier que cette année sous contrat me permettait aussi d’avoir une certaine indépendance financière à mon retour plutôt que de revenir dans des “galères étudiantes”.
Ce voyage m’a permis d’apprendre des tas de choses sur moi : j'ai découvert que j’adorais voyager, rencontrer du monde, me perdre tout le temps et vivre au jour le jour, mais aussi que ma stabilité et mon confort à Paris me plaisaient énormément. Dans le voyage, je trouve l’aventure, la surprise, les différences, les rencontres, une sacrée liberté. Mais ce que j’ai le plus aimé dans le voyage, c’est de profiter pendant des mois pour ensuite être ultra heureuse de revenir. Stendhal disait - la minute littéraire - “ce que j’aime dans les voyages, c’est l’étonnement du retour”.
Le retour constituait une bonne partie du challenge : c’était le point final du voyage, et je m’étais promis de me mettre un coup de pied aux fesses quoi qu’il en soit pour réussir et ne pas lâcher, même si je savais que ce ne serait pas évident tous les jours. Finalement, ça s’est passé avec bien plus de fluidité que je ne l'aurais pensé, sûrement grâce au rythme d’alternance qui me préservait de l’ennui, et sans doute aussi grâce à l’euphorie du retour, des retrouvailles avec la famille, les amis, mon appartement d’amour, toutes ces choses qui boostent clairement pour quelque temps.

Au retour, quel impact as-tu ressenti sur tes Ă©tudes et ton avenir ?

Concrètement, je n’ai senti absolument aucun impact négatif sur mes études ou mes recherches d’emploi pour le moment. Lors d’entretiens pour l’alternance, à l’école à mon retour lorsque je justifiais mon année de retard, lors de discussions dans ma sphère perso et pro, ma démarche a toujours été relativement respectée, souvent même saluée et applaudie. Je pense vraiment que les mentalités changent et que les bénéfices d’un grand voyage sont de plus en plus remarqués, cela devient même un point de différenciation et une valeur ajoutée d’un point de vue professionnel. Tout ça pour dire que je ne regrette rien dans cette année que j’ai décidé de prendre. Avoir seulement 22 ans quand il ne nous reste qu’un an d’école à faire avant “d’entrer sur le marché du travail” est encore très jeune, c’est donc important de s’octroyer du temps pour réfléchir et grandir à ce moment si on en ressent le besoin.

Qu’as-tu retiré de cette expérience ?

Je pense que j’ai beaucoup grandi, et j’ai développé tout autant de hard skills et de soft skills pendant ce voyage que si ça avait été une expérience professionnelle. J’ai eu affaire à des personnes issues de cultures différentes, de milieux différents, qui m’ont beaucoup appris sur leurs vies quotidiennes et leurs métiers. J’ai eu l’occasion d’échanger avec certaines de ces personnes qui m’ont même parfois proposé des opportunités dans leur pays
Ce qu’on peut faire pendant un grand voyage, c’est illimité ! On peut juste profiter et explorer, s’engager dans des associations, travailler dans le cadre d’un Working Holiday Visa par exemple, toutes ces choses que vous pourrez mettre à profit quoi qu’il arrive.
Ça peut paraître cliché, mais j’ai eu pas mal de prises de conscience, notamment d’un point de vue écolo : je me suis prise de passion pour la plongée (suite à des rencontres qui m’ont menée là, toujours) et j’ai réalisé les problématiques liées au plastique dans les océans. Particulièrement en Indonésie, la faune et la flore marine sont ravagées par la pollution, j’ai donc décidé d’offrir un peu de mon temps pour nettoyer des plages avec une association nommée Trash Hero pendant mon voyage.
D’autre part et de manière plus générale, faire face à des galères seule sans jamais devoir ni pouvoir se relâcher, c’est parfois difficile mais ça nous injecte de la force mentale pour la suite !
Tous ces aspects différents qu’offre le voyage permet vraiment une prise de maturité, c’est le bénéfice principal que je noterais, c’est donc hyper profitable pour un avenir professionnel sain et abordé avec sérénité à mon sens.

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