PEUT-ON DEVENIR DÉVELOPPEUR EN 3 MOIS ?

Les bootcamps proposant de découvrir le code de manière intensive poussent comme des champignons : ils s'appellent Le Wagon, Web Force 3, 3W Academy ou encore Wild Code School et démontrent un engouement croissant pour les métiers de la tech. Mais qu’en est-il en réalité ? Ont-ils pour autant sorti du game les écoles d’ingénieur en 5 ans ? Est-il réaliste d’espérer passer de complet néophyte à développeur opérationnel en une dizaine de semaines ?
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On t’introduit des concepts, mais après il faut bosser en autonomie pendant des semaines. Ce n'est pas du pré-mâché !

Wait... Qu’entend-on par développeur au juste, et qu’attend-on de lui ?

Pour Clément, CTO de Wizville, tout le débat réside dans le rôle qu'on attribue au développeur. “S’il s’agit de développer un site vitrine ou de bricoler un Wordpress alors oui 3 mois suffisent”. En revanche, “si on parle de contribuer efficacement dans une entreprise qui fait du web, la réalité est tout autre. Dans ce laps de temps il n'est juste pas possible d'avoir le recul ni l'expérience nécessaires pour aborder ce genre de projet. Quelle que soit la qualité de la formation, il faut plusieurs années pour appréhender les concepts inhérents à la programmation et je trouve malhonnêtes les formations qui laissent penser le contraire. C'est un peu comme ces programmes de sport magiques qui promettent un six packs en quelques mois.”

Non, l’école n’est pas finie... 

Matthieu, alumni du Wagon où il est désormais Teaching Assistant, est du même avis. Dans ces formations, “on t’introduit des concepts, mais après il faut bosser en autonomie pendant des semaines. Ensuite tu peux passer des entretiens et démarrer comme développeur junior”, en entreprise ou en free-lance. “Ce n’est pas du pré-mâché !”
Guillaume, CTO, professeur à The Hacking Project et mentor à Mentor on Rails, explique : “il y a plein de catégories d’informaticiens différentes et la tension sur ce métier est telle qu’à partir du moment où on s’y connait un peu on trouvera du boulot. Mais on ne va pas devenir ingénieur informaticien ou architecte avec un bootcamp.”

A dev vaillant rien d'impossible !

“Je connais des gens qui ont fait des bootcamps et qui sont devenus CTO”, nuance Guillaume. “D’ailleurs, beaucoup de candidats aux bootcamps ont pour projet de bosser en startup. Or, créer une startup, c’est évoluer dans un environnement constamment instable, par définition c’est ne pas savoir ce qu’on fait et apprendre en permanence. Même le CEO !” Donc finalement, le développeur fraîchement sorti de bootcamp est dans une posture d’apprentissage, au même titre que ses congénères qui ne sont pas forcément à un stade beaucoup plus avancé.” 
Il faut d’ailleurs souligner l’importance d’avoir confiance en soi et les compétences acquises, même sur une durée très courte. Le syndrome de l’imposteur est un comportement qu’il observe fréquemment chez les alumni, souvent en reconversion, qui ont tendance à s’autocensurer et à minimiser leurs compétences au moment de se lancer sur le marché du travail ou de créer leur boîte à la sortie du bootcamp. “Les formations bien pensées permettent d’acquérir rapidement les bases suffisantes pour partir dans la bonne direction, ne pas perdre de temps et ensuite savoir comment continuer à travailler et s’améliorer. Mais il ne faut jamais s’arrêter de coder, sous peine d’un atterrissage douloureux !”

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En informatique on doit passer son temps à se mettre à jour et le bootcamp n’est que la première étape du voyage !

Quels réflexes adopter pour poursuivre son apprentissage et gagner en légitimité ?
Ces CTO que Guillaume qualifie d’”empiriques” “doivent compenser la formation initiale qu’ils n’ont pas eue. “En informatique on doit passer son temps à se mettre à jour et le bootcamp n’est que la première étape du voyage !”
“Il faut pour cela être très impliqué, bien s’entourer et continuer à beaucoup apprendre pendant les années qui suivent.” Une bonne habitude à prendre est de fréquenter des événements dédiés au code, où il est possible de récolter des insights auprès de développeurs plus expérimentés, voire de trouver des mentors.

En bref

Bon, soyons clairs : on ne devient pas ingénieur en 8 à 15 semaines, mais avec une sérieuse implication, on acquiert des bases suffisamment solides pour continuer à progresser. Il est important de bien s’interroger en amont sur son projet, sa motivation, sa façon de travailler et surtout assister aux réunions d’information pour comprendre la réalité de chaque formation et du métier de développeur et ainsi éviter toute désillusion. Au boulot !

Quelques pistes pour approfondir la techno apprise en bootcamp…

  • Lis la documentation de référence de la techno, disponible sur le site de la techno en question (trop peu de dev ont ce réflexe...). DevDocs recense de multiples documentations d’API sur une seule interface.
  • Achète un livre de référence sur la techno.
  • Fais de la veille : Hacker News est souvent considéré comme un incontournable de la veille technique généraliste.
  • Assiste à des événements : n'hésite pas à privilégier les meetups aux conférences en mode cours magistral qui sont rarement conçues à un rythme adapté. Meetup est un excellent moyen de découvrir des événements dédiés à chaque techno.

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