CROYANCES LIMITANTES ET SYNDROME DE L'IMPOSTEUR : 5 CONSEILS POUR POSER TON FLOW

Les croyances limitantes, ce sont ces vilaines petites voix qui te soufflent que tu n'es pas capable d’accomplir tes rêves. Parce que [insérer excuse de babtou fragile ici] tu n'es pas assez doué·e, pas assez riche, pas assez français·e, que tu es sous l’eau, que le PSG a perdu... bref, que conquérir le monde, c’est pas fait pour toi.

Victime de croyances limitantes, moi ?

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Là d'où je viens, personne ne fait d'études... Alors pourquoi moi ?

Mais fait, ça consiste en quoi ?

Se lancer dans des études exigeantes, postuler ou s’adapter à un nouveau job, entamer une reconversion, créer sa boîte… autant de défis qui nécessitent de sortir de sa zone de confort en se confrontant à une situation nouvelle, et qui s’assortissent souvent d’une phase d’auto-évaluation sévère. Le syndrome de l’imposteur en particulier consiste à nier ses propres accomplissements, qu’on attribue alors à des facteurs externes tels que la chance ou l’aide d’autrui. C’est l’une des manifestations de ce qu’on appelle plus généralement les croyances limitantes : une perception faussée de nos capacités, un sentiment d'illégitimité susceptible de nous empêcher d’essayer de nouvelles choses et de nous épanouir.

Pour Alizée, qui a travaillé pour Google et monte aujourd’hui son projet de médecine holistique, un domaine qu’elle ne connaissait pas il y a six mois, “on parle souvent du syndrome de l’imposteur, mais c’est un problème de riche. Autour de moi, ce sont surtout des gens très diplômés qui le ressentent, des gens qui ont été habitués tôt à la performance. En revanche, les croyances limitantes, ça c’est un sujet qui touche tout le monde.”

Et ça vient d'où ?

Absence de modèles autour de soi, milieu social d’origine, médias, éducation ou traditions, manque de confiance en soi... Les causes sont en effet multiples mais le résultat est le même : ces croyances limitantes empêchent d’écouter ses envies, d'assumer ses succès et de se projeter dans une situation nouvelle parce qu’on ne sent pas légitime. Elles créent une forme d’auto-censure, une peur d’échouer souvent paralysante. On s’interdit donc de rêver, d’agir, de créer et de saisir des opportunités.

Et cette censure provient aussi parfois de l’entourage, famille ou professeurs ! Qui n’a par exemple jamais entendu que les filles n’étaient pas faites pour les matières scientifiques ou les postes de direction ? Amélie décrit ainsi à quel point, même pour les bons élèves, les clichés peuvent avoir la vie dure. “Ma soeur voulait faire des études de médecine. Mes parents lui disaient de faire infirmière. Elle est aujourd’hui chef à Cochin !” Gregor, 23 ans, raconte que là d’où il vient, personne ne fait d’études… alors pourquoi lui ? Quelques années plus tard, poussé par un oncle convaincu de son potentiel, il est pourtant accepté à 42, la prestigieuse école de code fondée par Xavier Niel.

Quelles conséquences ?

Pas de chance, ces croyances ont tendance à être intégrées très tôt et à conditionner des choix d’études ou de carrière parfois bien éloignés de nos rêves. Et elles s’expriment jusque dans les projets personnels. Klervi a décalé la création de son blog de plusieurs années, freinée par la peur de ne pas être à la hauteur. “J'y pensais depuis très longtemps mais j'attendais d'avoir le logo parfait. J’avais briefé une illustratrice mais finalement elle a eu des soucis perso et je n’ai jamais eu mon logo. Mon copain de l’époque m’a fait réaliser que ce n’était qu’une excuse. J'ai alors fini par écrire mon premier article, mettre mon blog en ligne... mais je l'ai dit à personne !” Le perfectionnisme est souvent l’ennemi de la productivité, et repousser éternellement ses projets revient à perdre un temps précieux et l’opportunité de collecter du feedback pour progresser. Frustrations à l’horizon !

Ces croyances limitantes peuvent également créer une barrière mentale qui empêche de s’affirmer en tant que professionnel, et donc potentiellement nous faire passer à côté d’opportunités. Formée au massage au Spa des Elèves à Paris, à l’ayurveda et au Wat Pho, centre historique du massage en Thaïlande, Klervi a beau collectionner les diplômes, elle se considère pour autant toujours comme une amateure. Jusqu’au jour où... surprise ! Elle réserve un massage auprès d’un masseur professionnel... passé exactement par les mêmes formations qu’elle !

Les croyances limitantes empêchent ainsi de sortir de sa zone de confort et de se lancer dans de nouveaux projets, mais pas seulement. Julia, de l’association CeQueJeVeuxFairePlusTard, qui reconnecte les jeunes à leur potentiel à travers une approche neurocognitive et comportementale, explique que les conséquences de cette auto-censure sont en vérité plus lourdes qu’elles n’y paraissent. “Ce que je vois vraiment chez les jeunes, c'est qu'au-delà de ne pas oser y aller, les croyances qu'ils ont les empêchent de réussir. On se dit “je n’y arrive pas”, et on donc on se conditionne pour ne pas y arriver. En effet le cerveau ne fait pas la différence entre ce qu’il imagine et ce qu’il vit réellement. Ces comportements commencent très tôt et ces schémas s’inscrivent dans notre éducation.”

Le syndrome de l'imposteur génère d'ailleurs des comportements un peu bizarres : on développe des stratégies de repli comme l'overdoing, qui consiste à en faire beaucoup trop pour ensuite imputer son éventuelle réussite à son travail (et non pas à ses compétences), ou son extrême opposé, l'underdoing, qui consiste à protéger son égo en limitant volontairement ses objectifs et ses efforts pour les atteindre pour sortir le fameux prétexte du "j'ai rien foutu" en cas d'échec. Tu te reconnais dans ces mécanismes d'auto-défense ? Cultive ta légitimité !

Comment je me soigne ?

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Tu peux apporter de la valeur à quelqu’un grâce à ce que tu fais. Il y a une quantité finie de messages, mais une infinité de messagers.

1. Reconnais tes réussites

Tu as cartonné à un examen ? Reçu un compliment ? Eté accepté•e dans l’école ou l’université de tes rêves ? Décroché un super job ? Non, ce n’était pas de la chance, une question d’alignement des planètes ou de bonne humeur du correcteur. Pose-toi et approprie-toi tes succès, même les plus petits. Reconnais le chemin parcouru : tu as sans doute travaillé dur, certainement du talent et forcément du potentiel… Tu les mérites et ils t'appartiennent pleinement !

2. Accepte ta propre imperfection

Pour Romain, fondateur de Smog et du podcast Inspire, il est parfaitement inutile d’attendre d’être légitime pour passer à l’action car ce moment... n’arrivera jamais ! “Tu n’auras jamais une vraie légitimité, sauf si tu as monté une licorne ou déposé des brevets, et statistiquement ça relève de l’anomalie. Mais ça ne veut pas dire que tu ne peux pas apporter de la valeur à quelqu’un grâce à ce que tu fais. Il y a une quantité finie de messages, mais une infinité de messagers. Certains vont être sensibles à un messager et insensibles à un autre.” On ne peut pas plaire à tout le monde, il faut donc continuellement tester, par petits pas, et cesser de s’auto-juger. On ne peut que progresser, et tout en gardant un oeil sur nos objectifs, un peu d’indulgence envers soi-même ne fait de mal. Alors chill ! Tente, et détends-toi, personne ne te regarde si tu rates.

3. Reprends les bases pour être solide sur tes appuis

Charlotte, 28 ans, consultante en big data, voit la formation comme un bon moyen de reprendre confiance en soi. “Je ne me sentais pas assez affirmée avec mes clients. J'ai voulu combler ces carences, et je me suis formée.” Elle a identifié des MOOCs pertinents pour son activité et a pu accroître, en apprenant à son rythme et en parallèle de son travail, son sentiment de légitimité sur ses sujets. Klervi, pour développer son blog, n’hésite pas à se tourner vers des formations de podcast ou de vidéo, pour élargir son éventail de techniques et son réseau. Trouver des modèles qui ont réussi dans ce qu’on souhaite entreprendre ou un mentor peut aussi être une bonne manière de visualiser les choses de manière positive et de progresser tout en étant soutenu•e par une oreille bienveillante.

4. Sois patient•e et ouvert•e

La gestion de ce sentiment est une affaire de confiance en soi et s’apprend avec l’expérience. Selon Alizée, en début de carrière ou à l’école, il y a une sorte de mystification autour des compétences. “On a toujours l’impression que les autres y arrivent mieux, mais en vrai, tout le monde galère.” La bonne nouvelle, c’est que plus on avance dans la vie, plus on a de chances d’être reconnu•e par ses pairs pour ses accomplissements mais aussi de découvrir la réalité du monde du travail… où tout le monde apprend ! Garder une attitude ouverte et curieuse est alors essentiel pour s’inspirer des autres et ainsi absorber de nouvelles compétences pour s’améliorer constamment. Et parce qu’il vaut mieux prévenir que guérir… invitons nos managers, parents, professeurs à favoriser l’estime de soi et la confiance en soi.

5. Choisis un projet dans lequel tu crois vraiment

C’est lorsqu’il y a un décalage entre ce que la personne fait et ce pour quoi elle est faite que les doutes ont le plus de chances de s’exprimer, que ce soit dans les études ou le travail. Alizée sait où elle va et rien ne saura entamer sa confiance dans son nouveau projet : “Dans mon job, je n’ai pas ce sentiment car ce que je fais est complètement aligné avec mes valeurs, je sais que c’est ma mission.” Elle n’a pas hésité à changer plusieurs fois de voie pour trouver cette harmonie. Une fois de plus, tester est la clef !

#MinuteMotivation : la conquête du monde commence par soi !

Prendre conscience qu’on s’empêche de faire des choses à cause de nos croyances limitantes, c’est déjà un grand pas en avant. Pour s’en débarrasser, il faut commencer par les identifier, les décortiquer, comprendre d’où elles viennent pour en prendre le contrepied et s’observer avec bienveillance, en s’entourant de personnes capables de nous inspirer, de nous soutenir mais aussi de nous challenger. Les meilleurs mentors sont souvent ceux qui nous poussent dans nos retranchements. Et puis garder en tête qu’il ne coûte rien d’essayer : au mieux le projet fonctionne, au pire tu auras appris un truc ! Valorise l’expérience et pas uniquement le résultat, le voyage et pas seulement la destination. Tu crois vraiment que sans un minimum de culot que JUL aurait sorti 10 albums ?

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