CRÉER SON ENTREPRISE PENDANT SES ÉTUDES : 7 CONSEILS POUR SE LANCER

Tes idoles s’appellent Mark Zuckerberg et Elon Musk, tu bricoles des sites web pour tes potes ou fabriques des savons au charbon bio à tes heures perdues, et réinventes l’économie collaborative après deux bières ? Il y a des chances que la mouche de l’entrepreneuriat t'ait piqué•e. Bref, tu as une idée de génie, de l’énergie à revendre et tu te verrais bien créer la prochaine licorne. Mais est-ce que c’est vraiment le bon moment, sans expérience professionnelle et avec un prêt étudiant à rembourser ?
maxime paradis entrepreneur créer entreprise startup boite étudiant pendant etudes

Moi, ce qui me drivait, c’était d’avoir un impact, de changer les choses. Mais avec mes associations j’étais limité par des contraintes financières, logistiques ou encore politiques alors qu’avec une entreprise je pouvais voir plus grand, aller chercher des financements et avoir un impact plus important.

Un job sur mesure

En 2018, 6000 jeunes avaient déjà bénéficié du statut national d’étudiant-entrepreneur. A une époque où le concept du CDI est fortement remis en question, pourquoi ne pas créer soi-même son propre job en montant sa startup ?

Maxime a monté sa première boîte à 16 ans, la première d’une longue série. Investi très tôt dans la vie associative, notamment auprès de la Croix Rouge, il a lancé son association humanitaire pour venir en aide aux plus démunis avant de passer à la vitesse supérieure avec Myve.io, qu’il a depuis vendue. “Il n’a jamais été aussi facile de monter des boites. Moi, ce qui me drivait, c’était d’avoir un impact, de changer les choses. Mais avec mes associations j’étais limité par des contraintes financières, logistiques ou encore politiques alors qu’avec une entreprise je pouvais voir plus grand, aller chercher des financements et avoir un impact plus important.”  

Amélie, 29 ans, Product Manager et Design Lead chez Agency Enterprise Studio, regrette quant à elle de ne pas avoir monté sa boîte en école de commerce, lorsqu’elle étudiait à l’ESSEC. “J’aurais monté ma boîte tôt pour me crasher tôt. C'était beaucoup plus facile, j'avais plus de temps, des projets et plein d'idées que je n’ai jamais concrétisés.” Elle cite l’exemple de deux de ses clients, fraîchement sortis de l’université, qui ont monté une boîte qui a bien fonctionné. “Maintenant qu’ils sont diplômés, ils n’ont plus qu’à la développer : ils ont créé leur propre job et donnent même des cours d’entrepreneuriat dans leur ancienne université.” Amélie défend l’idée selon laquelle les études sont une période favorable pour entreprendre alors que ce n’est pas vraiment encouragé en France. “On essaie trop de mettre les gens dans des cases, on te dit qu’il ne faut pas faire plusieurs choses en même temps, alors que moi je pense qu’il faut planter ses graines. Et on ne nous apprend pas à échouer.”  

Et si ça ne fonctionne pas ? 

Et si je m’embrouille avec mon associé ? Et si j’ai envie de faire autre chose plus tard ? Et si je ne parviens pas à vivre de l’entrepreneuriat ? Créer son entreprise permet de toucher à tout, de découvrir de nombreux métiers et ouvre quantité d’opportunités professionnelles. Obligé•e de développer une certaine polyvalence (sales, produit, marketing, ressources humaines, finance, juridique), l’entrepreneur•e réunit ainsi toutes les clefs pour créer son propre parcours. Aujourd’hui, Maxime est passé “de l’autre côté” puisqu’il travaille au Schoolab où il gère un programme d’accélération à Station F (PEPITE Start'up IdF). Il est également à la tête de Genius Global, le premier réseau étudiant entrepreneur de France, qui fédère 14 antennes d’écoles de commerce, d’ingénieur, de design ou encore de développement Web comme l’Université Dauphine, Centrale Supelec, Strate, ou encore L’Ecole des Ponts

Outre les compétences, ce sont aussi les contacts qui permettent de faire la différence dans le monde du travail. “Quand tu es entrepreneur, tu développes très vite de multiples compétences, tu rencontres beaucoup de personnes passionnées et avec ça de nombreuses opportunités”, raconte Maxime. Poste de salarié dans une autre startup ou un grand groupe, consultant en freelance, venture capitalist ou même enseignant… tout est possible !

Prêt•e à te lancer ? Quelques conseils :

L'essentiel, c'est d'être curieux et faire les choses avec passion. A l’ère digitale nous avons la chance de pouvoir apprendre à peu près n’importe quoi !

1. Développe ton réseau

En fréquentant des événements du monde de l’entrepreneuriat, en te renseignant sur l’incubateur de ton école, en discutant avec des amis d’amis entrepreneurs ou évoluant dans cet écosystème, en rejoignant des groupes Facebook ou Meetup dédiés.

2. Fais-toi la main

En travaillant sur des projets associatifs dans ton école ou en dehors, ou en postulant à des stages en startup. 

3. Réfléchis aux moyens de te financer

Et de monétiser tes compétences. Maxime, lui, générait du chiffre d’affaires avec ses boîtes. “Un des moyens par lesquels je me finançais au début, c’était les missions de freelance. En tant qu’entrepreneur, on développe des compétences qu’on peut valoriser : missions de consulting, community management, RP... c’était beaucoup via mes amis de mon école. Le fait d’être actif dans la vie associative m’a aussi beaucoup aidé sur bien des aspects.” 

4. Renseigne-toi sur les dispositifs d'accompagnement

Existants spécialement dédiés aux étudiants, dont un aperçu est présenté sur Le Coin des Entrepreneurs.

5. Cultive ton envie d'apprendre

Et trouve tes propres mentors. L'essentiel, c'est d'“être curieux et faire les choses avec passion. A l’ère digitale nous avons la chance de pouvoir apprendre à peu près n’importe quoi… Sur Youtube, les plateformes de MOOCs ou simplement en suivant les grands entrepreneurs de notre temps et leurs conseils, plus accessibles que jamais auparavant. Avoir des mentors est une chose fabuleuse et maintenant tout le monde peut en avoir : dans les livres de Peter Thiel, les vidéos de Gary Vaynerchuk ou encore les podcasts de Tim Ferriss.”

6. Préserve un équilibre

Entre tes études, ta vie perso et ton entreprise. Maxime a compartimenté et alloué un temps précis à chaque activité : “J’ai réalisé que j’avais besoin de dormir un certain nombre d'heures par nuit pour être en forme et efficace, de voir mes amis un certain nombre de fois par semaine pour garder le moral. Beaucoup d’entrepreneurs ont la tête dans le guidon. Il faut se laisser du temps pour rencontrer des nouvelles personnes, c’est important pour mettre les choses en perspective.”

7. Organise-toi, puis déculapbilise !

Outre la capacité à gérer l’incertitude permanente commune à toute aventure entrepreneuriale, créer une entreprise pendant ses études requiert un grand sens de l’organisation et de l’auto-discipline. Maxime explique avoir eu beaucoup de mal au début à jongler entre ses deux vies, avec finalement la sensation de ne profiter d’aucune pleinement. “Mes amis allaient prendre une bière après les cours et moi je les abandonnais pour aller coder. Quand je travaillais, je me sentais coupable de ne pas voir mes amis, je me disais que je ne profitais peut être pas assez de ma jeunesse, et quand j’étais avec eux, j’avais ce sentiment de culpabilité de ne pas assez avancer sur ma boîte qui m’avait déjà demandé beaucoup de sacrifices.”

A toi de jouer !

Telescope est un média sur l'univers de l'éducation pour inspirer étudiants et jeunes diplômés à se réaliser dans l'école, l'université ou le bootcamp qui leur correspond. Rejoignez l'aventure sur
Facebook et Instagram !

Découvrir les écoles